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www.histoireetpatrimoinedesaintetienne.com |
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mise
à jour :
11.02.2010
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Galerie Sud |
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Hôtel
de Villeneuve - XVIIe (inv. suppl. M.H.)
- Musée des Amis du Vieux Saint-Etienne |
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1 - Les plafonds " à la française " et " à l'italienne " aux XVe et XVIe siècles Le plafond à couvre-joints Modèle traditionnel de plafond utilisé en France et en Italie aux XIVe- XVe siècles. L'écartement des solives est variable, afin de s'adapter aux irrégularités des pièces. Le plancher, posé perpendiculairement aux solives, nécessite l'emploi de couvre-joints qui empêchent le marrain de tomber dans la pièce. Les solives sont, quant à elles, entaillées au passage des couvre-joints. Le plafond tant-plein-que-vide ou " à la française " Ce plafond dit d'après Palladio " suivant l'usage de Paris " est constitué de solives qui ont la même largeur que les entrevous. Il n'est plus utile d'avoir recours aux couvre-joints puisque le plancher est placé parallèlement aux solives. Apprécié pour sa régularité géométrique, son emploi se systématise au XVIe siècle. Le plafond à caissons ou à compartiments " à l'italienne " Les plafonds à caissons peuvent être réalisés de deux façons. Soit les poutres maîtresses se croisent à intervalles réguliers avec des poutres secondaires (pleines ou en coffrage) de mêmes dimensions, soit " en trompe l'oeil " avec des trémies de planches sur lesquelles ont été rapportées des moulures plates exécutées avec une épargne de bois. Dans ce cas le décor n'évoque pas forcément la structure porteuse. L'antiquité romaine a privilégié les voûtes et les plafonds à caissons pour leur effet décoratif. Ils étaient alors réalisés en pierre (Panthéon d'Hadrien à Rome, 118-128), en stuc (les bains Stabiens à Pompéi, 300 avant J. C.) ou peints en trompe l'oeil (la Domus Aurea de Néron à Rome, 64). Ils réapparaissent dans les peintures italiennes dès le XIVe siècle avec Giotto (Annonciation à sainte Anne, 1302-1305, chapelle Scrovegni, Padoue) et surtout au début du XVe siècle avec Masaccio (Trinité de Santa-Maria Novella, Florence). En architecture, au même moment, à Florence, le premier plafond à caissons est construit. Brunelleschi s'inspire des thèmes développés dans les basiliques paléochrétiennes de Rome et réalise l'église de San Lorenzo où la nef est couverte d'un plafond plat avec des caissons de faible épaisseur. Toujours à Florence, en 1495, Simone del Pollaiolo, dit Cronaca, construit au palazzo Vecchio, la salle des Cinq Cent (52 x 22 m.), qui reprend les dimensions de la salle du Grand Conseil du Palais des Doges de Venise (54 x 24 m.). Plutôt qu'un plafond en carène de navire, privilégié à Venise, Vicence, Padoue, pour les grands espaces, il élabore un plafond composé d'une centaine de caissons (il sera rehaussé et transformé à partir de 1563 par Vasari pour supporter des peintures). Ces plafonds à caissons, inspirés de l'Antiquité, font désormais partie intégrante du décor mis en scène par les acteurs de la Renaissance. Ils accentuent les effets de perspective et de profondeur, participent à la géométrisation de l'espace, créent un effet plastique qui renforce l'unité spatiale du lieu. L'emploi des caissons se généralise au XVIe siècle dans les oeuvres d'Alberti de Sangallo, de Bramante et de Perruzzi (villa de la Farnésine, 1507-1511 et palais Massimo alle colonne à Rome, 1532-1536). Sebastiano Serlio en propose également toute une série, dans son livre IV publié à Venise en 1537. Carrés, circulaires, en étoiles ou octogonaux, ils s'inspirent des modèles découverts dans les ruines romaines. Les français quant à eux, ne resteront pas insensibles à ces modèles, qui composent une partition régulière et rythmée. Dès les premières années du XVIe siècle, ils ornent les voûtes des escaliers, des chapelles et les plafonds en bois. |
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Les plafonds en fougère sont-ils d'origine étrusque ?
Les plafonds en fougère (les solives, posées perpendiculairement aux poutres maîtresses et secondaires dans le plafond à la française, sont disposées ici en diagonale selon un angle qui varie de 30° à 45°) sont particulièrement nombreux dans le Forez : 16 plafonds sur les 28 actuellement recensés en France. L’Hôtel de Villeneuve en offre d’ailleurs un exemple très intéressant dans sa galerie du premier étage. Dans son article consacré à ce type de plafond (cf. ci-dessus), Nathalie Mathian insiste sur les influences italiennes qui ont présidé à ce mode de couverture : le plafond en fougère résulterait à la fois du plafond à la française et du plafond à caissons de la Renaissance italienne. La présence du grand architecte italien, Sebastiano Serlio (1475-1554) à Lyon à partir de l’année 1548 ne serait d’ailleurs pas étrangère à la diffusion de ce modèle. Il semblerait, en fait, que ces racines italiennes plongent dans un passé beaucoup plus lointain. En effet, au cours d’un récent voyage effectué en Italie dans la région de Rome, en avril 2001, au cœur de l’Étrurie, il m’a été donné d’admirer un remarquable plafond en fougère... dans une tombe étrusque datant du début du VIe siècle av. J. C., près de l’actuelle localité de Cervéteri (l’antique Caere). Les Etrusques sont ce peuple mystérieux établi en Toscane depuis le VIIIe siècle av. J. C. au moins et qui, à l’apogée de sa puissance (VIIe-VIe siècles av. J. C.), occupa une part notable de la péninsule italienne, des environs de Naples à la plaine du Pô. La compréhension de leur langue pose encore aujourd’hui, des problèmes qui ne sont que partiellement résolus et leurs origines alimentent toujours les querelles des spécialistes : sont-ils venus de Lydie (Asie Mineure) vers le XIIIe siècle av. J. C. ou constituent-ils un peuple italique autochtone ? La civilisation étrusque laissa en tout cas des traces profondes dans l’Italie antique, notamment en ce qui concerne l’art funéraire : leurs tombeaux creusés dans la roche (souvent un tuf volcanique à la fois tendre et résistant) sont coiffés de tumuli circulaires et forment de véritables nécropoles. Celle de La Banditaccia, à 2 km. au N. O. de Cervéteri, où j’ai eu la surprise de découvrir ce remarquable plafond en fougère, fait partie d’un ensemble de nécropoles beaucoup plus grand et s’étendant sur 450 hectares. La tombe qui nous occupe est appelée Tombe des Chapiteaux (Tomba dei Capitelli) et tire son appellation des deux colonnes à section polygonale, surmontées de chapiteaux, et qui soutiennent le plafond plat d’une grande salle longitudinale flanquée de banquettes funéraires. Le tout est évidé dans un tuf volcanique qui se travaille assez facilement. Des restes de stuc laissent supposer que l’ensemble devait être entièrement peint à l’origine. Mais je cède la parole à Benedetto Zapicchi, archéologue né à Cervéteri et qui participa à plusieurs campagnes de fouilles sur le site : “La chambre principale [la salle longitudinale dont nous venons de parler] est couverte d’un plafond à cadre qui dans la partie centrale met en évidence les treillis du plafond. Ils sont composés de cannelures obliques comme celles retrouvées de nombreuses fois dans la ville. Les constructeurs avaient ainsi pour intention d’imiter l’adjonction d’un second étage. L’agencement comprend aussi huit petits klinaï [banquettes funéraires] qui, même s’ils sont taillés dans le tuf, donnent une impression chaude et ouatée. Cela rend, mieux que toute autre tombe, l’idée d’une maison étrusque”. Pour mieux visualiser cette description, il convient de se reporter à la photographie reproduisant le dit plafond :
la ressemblance avec nos plafonds en fougère est pour le moins frappante ! Le texte de B. Zapicchi nous amène à faire deux remarques : - ”Ils sont composés de cannelures obliques comme celles retrouvées de nombreuses fois dans la ville”. Cette Tombe des Chapiteaux ne serait donc pas un cas isolé mais nous proposerait un modèle de plafond particulièrement répandu. Je n’ai pas eu l’occasion de visiter d’autres tombes similaires sur le site (par manque de temps disponible mais aussi parce que de nombreuses tombes sont malheureusement fermées) mais quelques recherches -hélas trop sommaires !- m’ont permis de découvrir d’autres tombes étrusques comportant le même type de plafond. En effet, à Blera (la Phleva des Etrusques), une trentaine de kilomètres au nord de Cervéteri, existe un tumulus avec deux tombes : le tumulus de Valle Cappellana (fin du VIIe siècle av. J. C.). L’une de ces tombes “comporte deux chambres en enfilade séparées par deux lourdes colonnes doriques, et le plafond imitant la réalité, selon la mode de Caere [Cervéteri]”. Si l’on en croit la vue axonométrique reproduite dans le document, le plafond de la chambre du fond semble être la copie conforme de celui de la Tombe des Chapiteaux.
- ”Cela rend, mieux que toute autre tombe, l’idée d’une maison étrusque.”. La tombe étrusque se veut, avant tout, la représentation dans l’au-delà d’une réalité terrestre. Comme le dit Mario Torelli : “L’imitation de la réalité dans ces tombes est un élément précieux, dans la mesure où elle restitue une image fidèle de la vision globale de la maison à cette époque. Le plan est important par dessus tout, qui donne des renseignements sur l'évolution fondamentale intervenue dans l’architecture domestique (et aussi par conséquent dans l’architecture sacrée) à la fin du VIIe siècle av. J. C.”. Le plafond en fougère était-il donc largement représenté dans la maison étrusque ? Il n’est pas, a priori, déraisonnable de le penser ! Cette découverte pose ainsi plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, aussi bien “en amont” qu'"en aval” : - en amont. Si l’on retient l’hypothèse que les Etrusques sont originaires de Lydie (en tout cas, de Méditerranée orientale), il serait intéressant de chercher s’ils n’ont pas importé en Italie un mode de couverture en provenance de leur zone géographique d’origine. - en aval. On est en droit de supposer que les Etrusques ont certainement légué aux Romains ce type de plafond. Si tel était le cas, cela ouvrirait alors des perspectives ô combien intéressantes : existe-t-il des vestiges de plafonds en fougère (ou assimilés) dans l’architecture domestique romaine (visibles sur des fresques ou “in situ” dans des sites archéologiques comme Pompéi ou Herculanum) ou dans celle de l’Italie médiévale ? On peut en effet difficilement envisager un hiatus qui s’étendrait de l’Antiquité à la Renaissance ! Voilà du travail en perspective pour les chercheurs de tout poil ! Serge MARCUZZI Texte
publié in Saint-Etienne, histoire & mémoire, bulletin
du Vieux Saint-Etienne,
" (…) en taillant dans le roc leurs chambres sépulcrales, en sculptant leurs sarcophages et leurs urnes funéraires, les étrusques ont plus d'une fois reproduit l'aspect de leurs habitations ou de leurs temples et nous ont ainsi conservé l'image de leurs plafonds et de leurs toits. Avec ces données, on peut essayer de reconstituer les principaux types de charpentes " p154, MARTHA Jules, L'art étrusque, Firmin-Didot & Cie Éditeurs, Paris, 1889, 635p. La thèse défendue par Jules Martha recoupe celle qu'énonce Serge Marcuzzi dans son article. Les habitations étrusques étant faites de bois, de paille et de terre crue, elles n'ont pas résisté aux injures du temps. Toutefois, un témoignage de l'architecture domestique étrusque est parvenu jusqu'à nous : les urnes funéraires étaient réalisées sur le modèle des maisons, ce qui nous donne une idée de leur aspect extérieur. Les chambres funéraires, quant à elles, nous rendent compte de l'aspect et de la décoration intérieurs. En effet, les étrusques considéraient que la tombe était une image souterraine de la maison. Ils croyaient tout comme les Égyptiens en une survivance terrestre après la mort. Il était donc important que le défunt ait autour de lui l'ambiance et les objets de son quotidien. Tout l'attirail mobilier (banquettes, alcôves, colonnes, plafonds, portes, fenêtres…) était donc sculpté dans le tuf volcanique dans la région de l'Étrurie Méridionale. Ces
dessins de plafonds réalisés à la fin du XIX ressemblent à s'y méprendre
à ceux de la Tombe des Chapiteaux (Nécropole de la Banditaccia, Cerveteri),
à ceux du tumulus de Valle Cappellana (Barbarano Romano, près de Blera),
ainsi qu'à nos plafonds en fougère foréziens. Voici comment Jules Martha commente ce plafond : " Une disposition curieuse et dont on n'a encore qu'un exemple est celle qu'on observe dans une chambre de Vulci couverte d'une charpente à solives croisées : les compartiments carrés que forment les pièces de bois assemblées sont remplis par une sorte de lattis en diagonale, composé de baguettes rondes parallèles, alternant avec des demi-règles, dont l'arête fait saillie entre les profils arrondis des baguettes. Cette décoration est complétée par des tons rouges, blancs ou noirs, qui soulignent les profils et rendent plus manifestes encore les détails de la construction simulée " p194-195. Floriane
Monneret - mars 2007 |
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| Découverte de nouveaux plafonds en fougère ... en Arles ... et Forez: | ||
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Il semble que la Ville de Arles abrite deux plafonds très proches de "nos" plafonds en fougère. Il s'agirait d'une version intermédiare entre le plafond à la française en fougère et le plafond à caissons en fougère. Ces plafonds se trouvent, pour l'un, dans le hall d'entrée de l'hôtel Saint Trophime et l'autre au musée Réattu. a suivre donc ... Source : site Internet Hôtel Saint Trophime En
Forez : à suivre |
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Liste des plafonds en fougère recensés à ce jour : mise à jour : 08.2007 (mission Floriane Monneret, stagiaire IERP, université Jean Monnet, Saint-Etienne, Master2 métiers des patrimoines) + 3 additifs en 08.2008.
(menu général sur la recherche des plafonds en fougère)
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